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Trump dit que l'Iran « n'aura jamais d'arme nucléaire » et que l'accord va à la « deuxième étape » .

Par — Chroniqueur Makaya Enfo
Trump dit que l'Iran « n'aura jamais d'arme nucléaire » et que l'accord va à la « deuxième étape » .

Trump dit que l'Iran « n'aura jamais d'arme nucléaire » et que l'accord va à la « deuxième étape » — Crise du Moyen-Orient en direct

Mardi 16 juin 2026 — Évian-les-Bains, France / Téhéran / Genève

Au deuxième jour du sommet du G7 à Évian, Donald Trump a prononcé ses mots les plus tranchants sur la question nucléaire iranienne depuis la conclusion du protocole d'accord de dimanche. Pendant que les dirigeants du monde s'accordaient sur les étapes suivantes, les tensions persistaient au Liban, les marchés reprenaient des couleurs et la grande cérémonie de Genève approchait.


Le sommet du G7 à l'Hôtel Royal d'Évian — cadre de toutes les déclarations de Trump sur l'Iran cette semaine.

Les mots de Trump : une ligne rouge gravée dans le marbre

C'est en marge d'une session de travail du G7 que Donald Trump a lâché la phrase qui résume tout : "La seule chose qui est importante, c'est que l'Iran n'aura jamais l'arme nucléaire."

Le président américain n'a laissé aucune ambiguïté sur ce point cardinal. Devant les journalistes réunis à l'Hôtel Royal d'Évian, il a détaillé sa lecture de l'accord conclu dimanche : "Les choses sont claires, ils ne la développeront pas, ne l'achèteront pas." Puis l'avertissement, formulé avec la netteté qui caractérise le style trumpien : "Si jamais ils le font, il y aura des conséquences terribles."

Dans la foulée, Trump est allé encore plus loin, ouvrant une perspective qui n'était pas inscrite dans le protocole d'accord : "Je crois qu'il va y avoir un changement de régime en Iran." Une déclaration à haute tension, formulée à titre personnel, qui n'engage pas le texte négocié mais qui dit beaucoup de la lecture que Washington fait de la situation politique intérieure iranienne, affaiblie par des mois de guerre et de crise économique.


Zelensky et Macron dans les jardins de l'Hôtel Royal à Évian — le G7 réunit cette semaine les dirigeants des sept grandes puissances, avec l'Iran comme sujet dominant.

Retour sur l'accord : ce qui a été signé dimanche

Pour comprendre ce que Trump appelle la "deuxième étape", il faut d'abord revenir sur la nature exacte du texte conclu dans la nuit du dimanche 15 au lundi 16 juin.

Ce n'est pas un traité de paix. C'est un protocole d'accord — en anglais Memorandum of Understanding (MoU) — soit un cadre de principes, une halte des combats formalisée, un point de départ pour la suite. Il a été signé par Donald Trump, le vice-président JD Vance côté américain, et par Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien et négociateur en chef de Téhéran, côté iranien.

Ce cadre acte le cessez-le-feu immédiat sur tous les fronts du Moyen-Orient, la réouverture du détroit d'Ormuz et l'ouverture dans 60 jours d'une nouvelle phase de négociations visant un "accord définitif". Son texte intégral n'a pas été rendu public : Trump a annoncé qu'il serait diffusé après la cérémonie officielle de signature prévue vendredi 19 juin à Genève.


La deuxième étape : quatre chantiers pour 60 jours

C'est le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, qui a listé publiquement les quatre piliers sur lesquels devront porter les négociations à venir :

La levée des sanctions contre l'Iran — un dossier économique colossal, puisque les sanctions américaines pèsent sur pratiquement tous les secteurs de l'économie iranienne : pétrole, banque, aéronautique, industrie. Un haut responsable américain a précisé lundi soir qu'à ce stade, "zéro" avoir iranien n'avait encore été dégelé, démentant les informations de la presse iranienne qui évoquait le déblocage immédiat de plusieurs milliards de dollars.

Le programme nucléaire — c'est évidemment la pièce maîtresse de l'édifice. Selon les informations filtrées par plusieurs médias, l'accord prévoirait une "réduction du taux d'enrichissement" de l'uranium iranien déjà enrichi, sous la supervision d'inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Mais une précision cruciale : "Toute mesure concernant ce programme ne serait prise que si un deuxième accord était conclu" à l'issue du cycle de 60 jours.

La reconstruction et le développement économique de l'Iran — après des mois de guerre qui ont détruit des infrastructures essentielles, notamment des raffineries, des terminaux pétroliers et des installations militaires, la question de la reconstruction pèse politiquement autant que le reste.

La mise en place d'un mécanisme de suivi des engagements pris par les deux parties — le talon d'Achille historique de toutes les diplomaties avec Téhéran, qui a régulièrement renégocié ses engagements au fil des administrations.


Vue satellite du détroit d'Ormuz — son ouverture progressive depuis dimanche représente un soulagement pour 20 % du commerce mondial d'hydrocarbures.

Le détroit d'Ormuz : une réouverture progressive et surveillée

Sur la question maritime, Trump a été précis à l'Hôtel Royal d'Évian : "Le détroit est déjà partiellement ouvert, comme vous le savez. Vendredi, il sera complètement ouvert."

Cette réouverture graduelle s'explique par les opérations de déminage indispensables. Le blocus iranien avait conduit à la pose de mines et à l'immobilisation forcée de dizaines de pétroliers dans le golfe Persique. Un retour à la normale implique une vérification sécurisée des corridors de navigation.

Emmanuel Macron a annoncé que le porte-avions Charles de Gaulle "peut être déployé dans les deux ou trois jours" après confirmation de l'accord. Il a précisé que la France et le Royaume-Uni avaient conjointement construit une mission maritime pour accompagner la réouverture du détroit. Trump, de son côté, a répondu avec la désinvolture habituelle : "Je ne pense pas que nous aurons besoin de beaucoup d'aide. Mais je ne pense pas que ce soit une mauvaise idée d'avoir un bateau ou deux de quelques pays."

Une ombre reste toutefois au tableau. L'Iran a annoncé en fin de semaine dernière l'imposition de redevances de services maritimes pour les navires transitant par le détroit — une clause ajoutée au dernier moment et non encore acceptée formellement par Washington. Une friction qui devra être résolue avant vendredi.


Le dossier nucléaire : l'état réel de la menace

Pour mesurer l'enjeu de la "deuxième étape", il faut saisir où en était l'Iran nucléaire au moment de la conclusion du protocole d'accord.

Selon les estimations citées par le magazine The Spectator, Téhéran posséderait encore environ 445 kilos d'uranium enrichi à 60 % — soit loin du seuil de 90 % nécessaire pour la fabrication d'une arme nucléaire, mais dangereusement proche d'un point de non-retour.

La physicienne nucléaire Kaitlin Cook expliquait dans un article académique que "il est plus facile de passer de 60 % à 90 % que de passer de 0,7 % à 60 %", car il reste alors beaucoup moins d'uranium-238 à éliminer dans le processus d'enrichissement. En clair : avec un stock de 445 kilos à 60 %, l'Iran se trouvait à quelques semaines techniques d'une capacité de fabrication de bombe, si telle avait été sa décision politique.

C'est précisément cette réalité que le président américain voulait signifier en déclarant qu'en juin 2025, l'opération Midnight Hammer avait "anéanti le programme nucléaire du régime à Fordow, Natanz et Ispahan". Mais les inspecteurs savent que des installations sont difficiles à détruire totalement, et que des capacités résiduelles peuvent subsister.


Les réactions internationales : un concert d'approbations, une prudence persistante

La communauté internationale a globalement salué l'accord de dimanche avec un soulagement visible, sans dissimuler ses réserves sur la solidité du processus engagé.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a qualifié l'accord d'"étape cruciale vers un règlement pacifique du conflit".

Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, dont l'État n'a pas participé aux négociations mais en sort paradoxalement renforcé, a déclaré en conférence de presse que l'accord avait permis de "sauver l'État d'Israël de la menace d'un anéantissement nucléaire". Une affirmation qui illustre l'angoisse existentielle de Tel-Aviv dans ce conflit.

Dans un communiqué conjoint, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et l'Italie ont déclaré être "disposés à lever les sanctions pertinentes en réponse à des mesures claires et vérifiables de la part de l'Iran concernant son programme nucléaire". Macron a résumé la position européenne : "L'objectif sera de voir les conséquences de cet accord, le soutien au Liban, la réouverture d'Ormuz dans la durée, et évidemment la conclusion d'un accord sur le nucléaire et le balistique en Iran."

L'Institute for the Study of War (ISW), dont les analyses font référence en matière de suivi des conflits, a émis une note de prudence : "Des sources américaines et iraniennes semblent avoir des interprétations divergentes de certains aspects de l'accord, ce qui risque de compliquer la mise en œuvre et la prochaine phase des négociations." Une alerte que personne ne peut se permettre d'ignorer.


Des Libanais rentrent chez eux dans la banlieue sud de Beyrouth — mais les violations du cessez-le-feu des premiers jours ont freiné les retours massifs.

Le Liban : le maillon fragile de l'accord

Si les marchés ont exulté et si les navires reprennent le chemin du détroit d'Ormuz, le Liban incarne la fragilité persistante de cet accord de paix.

Le texte conclu inclut formellement un cessez-le-feu au Liban — et c'est précisément la question sur laquelle le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a insisté avec le plus de fermeté mardi : "Il s'agit sans doute de la question la plus importante du protocole."

Or les premières heures du cessez-le-feu ont été entachées. Dès lundi, une frappe israélienne a causé la mort d'un civil dans le sud du Liban. Le Hezbollah a répondu en tirant des roquettes contre une position israélienne au Liban. Résultat : les populations déplacées dans la banlieue sud de Beyrouth — fief du mouvement pro-iranien — ont tardé à rentrer chez elles, la prudence l'emportant sur l'espoir. Certains quartiers étaient encore vides ou partiellement détruits, leurs habitants attendant une confirmation concrète que les combats ne reprendraient pas.

Israël, qui n'a pas pris part aux négociations USA-Iran, reste de facto le troisième acteur dont le comportement conditionnera la tenue effective du cessez-le-feu libanais. Ni Washington ni Téhéran n'ont de prise directe sur chaque décision militaire israélienne — une variable qui complique structurellement la mise en œuvre du protocole.


Genève vendredi : la cérémonie de tous les regards

Le vice-président américain JD Vance a confirmé qu'il sera présent vendredi 19 juin à Genève pour la cérémonie officielle de signature. La présence de Trump lui-même est qualifiée de "possible" — le président n'ayant pas encore formellement confirmé son déplacement.

C'est dans cette même ville qui accueillait ce week-end de violents affrontements entre manifestants anti-G7 et la police que se jouera, dans quelques jours, l'un des actes diplomatiques les plus attendus de l'année. Genève offre ainsi une image saisissante de ce monde 2026 : fractures sociales d'un côté, tractations entre puissances de l'autre, dans le même espace géographique.

L'ONU, dont les bâtiments ont été frôlés par les affrontements du weekend, offrira le cadre solennel pour la signature d'un accord qui reste, à l'heure où nous écrivons, un protocole sans texte public — une première étape fragile vers un accord définitif dont personne ne peut encore garantir qu'il verra le jour.


Le Palais des Nations à Genève, siège de l'ONU — lieu probable de la cérémonie de signature prévue vendredi 19 juin 2026.

Ce que Trump a dit et ce que l'Iran entend

Il est utile de mettre en regard les déclarations des deux camps pour mesurer l'écart des narrations — un écart qui conditionne directement la solidité de la "deuxième étape" annoncée.

Trump dit : "L'Iran a renoncé à se doter de l'arme nucléaire." L'état-major iranien, lui, présente l'accord dans sa communication intérieure comme une victoire militaire — déclarant avoir "imposé sa volonté divine et d'acier à des ennemis américains et sionistes humiliés." Une rhétorique de la résistance victorieuse diamétralement opposée à celle de la capitulation nucléaire.

Ces lectures parallèles ne sont pas anodines. Elles traduisent les contraintes intérieures auxquelles font face les deux dirigeants : Trump a besoin de montrer à ses électeurs qu'il a gagné et qu'il a protégé Israël ; les responsables iraniens ont besoin de ne pas apparaître en état de reddition devant leur opinion publique.

C'est dans cet espace entre deux récits incompatibles que devra vivre l'accord pendant ses 60 jours de négociation. Un équilibre aussi précaire que nécessaire.

FONTE: Makaya enfo

Auteur

Makaya enfo — Chroniqueur Makaya Enfo

Journaliste sportif. Spécialiste du football haytien et des compétitions internationales.

Sources et transparence

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  • Article publié sous la responsabilité éditoriale de Makaya Enfo, avec vérification humaine avant publication.
  • Corrections: hayti@makayaenfo.com